Selon Dr. Bréma Ely Dicko, coordinateur du Projet migrant, pour réduire le nombre de candidat à la migration irrégulière, le Mali doit beaucoup investir dans le développement réel en favorisant le secteur agricole et la formation professionnelle.

Migré est un droit. Mais, il peut être un crime, si le migrant met sa propre vie en danger. Au moment où le monde entier, sous la bannière de l’ONU, se retrouve autour de la question migratoire afin de mieux la canaliser, beaucoup de maliens, principalement des jeunes, quittent le pays dans l’espoir de conquérir une vie meilleure à l’étranger.

Au péril de leur vie, ils bravent le froid, le désert et subissent toutes formes de tortures. D’autres meurent dans le sahara ou dans la méditerranée. Seul quelques uns parviennent à s’en sortir.

Pour rendre hommage à ces victimes tombées sur la route migratoire, la Coordination des associations de développement de la région de Kayes (Caderka) et l’Association malienne des expulsés (AME) ont, a l’occasion de la Journée mondiale des migrants, organisé une journée en leur honneur à la Maison des ainés de Bamako, le samedi 15 décembre 2018.

Plusieurs thèmes ont été abordés par les différents acteurs des projets et associations de migrants résidant au Mali notamment sur les difficultés du trajet, la problématique émigration et développement, etc. Il y a eu aussi des propositions de solutions comme alternatives à l’émigration forcée notamment la renégociation des accords de visas et la valorisation des potentialités de développement du Mali.

Invité à la Journée d’échange, le coordinateur du Projet migrant au Mali, Dr. Bréma Ely Dicko a proposé des pistes de solutions réalisables pour diminuer la tragédie humaine sur les routes migratoires.

Selon lui, il ne suffit pas de développer un pays pour lutter contre le phénomène migratoire. Mais, il faut offrir des opportunités et d’autres alternatives aux candidats à la migration.

«Beaucoup de jeunes partent parce qu’ils n’ont pas des perspectives. Lorsque l’horizon s’assombrie et qu’on pense que demain peut être pire qu’aujourd’hui, la migration devient l’unique solution. Les jeunes s’engagent alors dans ce projet migratoire sans tenir compte des risques », a analysé Dr. Dicko.

Pour créer des opportunités, il propose l’accroissement de l’investissement dans le secteur agricole et le renforcement de la formation professionnelle. Car, constate-t-il, tous les domaines d’activités comme le carrelage, la maçonnerie, la mécanique ou encore la restauration, sont actuellement dominés par des étrangers. « Il faut former les jeunes dans ces domaines et les accompagner financièrement ». Et d’ajouter : « il faut aussi promouvoir les espaces d’échanges sur l’Europe. Ceux qui partent ne racontent pas leur calvaire. Il faut que cela cesse ».

« La migration est bien un droit. Mais lorsqu’on doit partir, il faut s’informer sur les conditions de voyage et les conditions d’accueil. Il faut aussi avoir une qualification », a conclu M. Dicko.

Hamissa Konaté

30minutes.net

17 décembre 2018

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