En mettant fin aux prérogatives de Bah NDaw et de son Premier ministre Moctar Ouane le 24 mai 2021, les militaires ont égrené un chapelet d’accusations contre eux. Le dernier en date est celle faite par le Commandant Baba Cissé, le Conseiller spécial du Vice-président de la Transition, le Colonel Goïta contre l’ex-Président de la Transition d’avoir empêché l’arrestation de certains dignitaires pour leur mauvaise gestion financière et militaire du régime. Est-ce une stratégie pour justifier le putsch ou un réel souci d’activer la machine judiciaire sur tous les dossiers de corruption et de délinquance financière ? Le peuple observe.

Lors d’un point de presse tenu essentiellement devant des journalistes de télé web relayé sur les réseaux sociaux, le Commandant Baba Cissé, Conseiller spécial du Colonel Assimi Goïta, Vice-président de la Transition, a enfoncé Bah NDaw comme étant un frein à la lutte contre la corruption. « […] Sur le plan de la gouvernance, le Vice-président de la Transition avait nourri l’ambition de faire faire l’audit de la Loi d’orientation et de Programmation militaire (Lopmi). Cela s’est passé lors d’une séance du Conseil de Défense. Il y a eu blocage à ce niveau. Un autre blocage était l’opposition du Président de la Transition à l’arrestation de certains dignitaires impliqués dans la mauvaise gestion financière et militaire du régime ».

Quid de l’engagement du Colonel à la retraite Bah NDaw à lutter contre la corruption. En recevant le rapport 2019 du Vérificateur général, devant un parterre de personnalités dont le Vice-président de la Transition, il disait ceci : « chaque fois que la preuve est établie, je corrigerai l’erreur et la sanction tombera, personne n’y échappera ». Immédiatement, le Président de la Transition avait promis de combattre l’impunité. « Dès ce lundi 1er novembre 2020, les départements ministériels concernés seront mobilisés pour que les responsables des entités incriminées sachent que la performance n’est pas facultative mais obligatoire…Chaque fois que la preuve est établie, je corrigerai l’erreur et la sanction tombera, personne n’y échappera ».

Ce rapport 2019 du Vérificateur général implique beaucoup de structures étatiques, des missions diplomatiques et a causé un manque à gagner de 300 milliards de F CFA. Il nous revient que la justice est sur les dossiers de détournements liés à l’achat d’équipements militaires qui a d’ailleurs fait l’objet d’enquêtes au niveau du Pôle économique et financier. Un moment, la partie liée aux aéronefs cloués et l’avion présidentiel avait été classée secret défense. Il faut préciser que la Loi d’Orientation et de Programmation militaire (Lopmi) est un grand investissement pour l’armée de plus de 1230 milliards de F CFA, sur la période 2015-2019.

Après cette communication de crise du Conseiller spécial d’Assimi Goïta sur la lenteur observée par Bah NDaw dans la traque contre les délinquants financiers, le peuple est en droit  d’attendre les militaires à l’œuvre. Mais là où le commandant Baba Cisssé sème le doute dans l’esprit des observateurs c’est cet autre  reproche fait à Bah NDaw d’avoir bloqué le programme des élections et au Premier ministre de s’impliquer dans les questions électorales, entre autres. Selon lui, c’est tous ces blocages qui ont conduit les militaires à s’assumer. Erreur d’aiguillage ou simple volonté de faire adhérer le peuple à la cause des nouveaux tenants du pouvoir ?

Abdrahamane Dicko

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