Le fait n’est pas anodin pour ne pas être relevé. Le Budget et le Trésor changent le même jour de directeurs.

Les seules nominations entérinées le mercredi dernier par le Conseil des ministres sont celles venant du ministère de l’Economie et des Finances. Parmi ses différents services rattachés, l’Hôtel des Finances a procédé à 5 nominations de nouveaux directeurs généraux. Seule la direction nationale du Contrôle financier, la direction générale de la douane et celle de la Cellule d’Appui à l’Information des Services fiscaux et financiers (Caisff) échappent à la bourrasque.

Les changements ont concerné le Président de la Cellule nationale de Traitement des Informations financières (Centif), les directions générales du Pmu-Mali, des Marchés publics et des Délégations des Services publics, du budget, du Trésor national et de la comptabilité publique. Les deux dernières citées sont celles qui ont attiré le plus l’attention et suscité de nombreux commentaires.

Le départ du directeur général du Budget, Sidiki Traoré et de son collègue du Trésor, et de la Comptabilité publique, Sidy Almoctar n’a pas été une surprise pour des observateurs avertis des milieux économiques. Les difficultés financières que traverse notre pays du fait de la crise sécuritaire doublée de la crise économique mondiale ne plaidait pas en faveur de leur maintien à la tête de leurs services respectifs.

Les deux à ce poste depuis plusieurs années avaient blanchi sous le harnais. Malgré tout, ils étaient critiqués pour leur façon de travailler qualifiée de « main mise sur le financement de l’économie nationale». Des bénéficiaires de la commande publique en voulaient particulièrement à l’ancien DG du Budget (dont la signature vaut de l’or) et celui du trésor pour leurs refus d’accorder des crédits ou d’apurer les factures sous le prétexte que les caisses de l’Etat sont complètement vides.

Même s’il est vrai que l’Etat n’a pas d’argent, les crédits sont plus des jeux d’écriture que de l’argent frais qui permettent aux bénéficiaires d’avoir une garantie entre leurs mains pour se faire financer par un établissement financier. Ce qui a un effet revolving puisque grâce à ce financement, l’argent va circuler dans le pays et l’Etat en sort gagnant.

Il se murmure que personne ne pouvait contredire leurs refus qu’ils motivaient par des arguments du genre, « telle opération aura une incidence grave sur les salaires dont le paiement sera sérieusement compromis », une menace qui était prise au sérieux au plus haut niveau par le ministre de l’Economie et des Finances.

Ainsi par leur intransigeance, les deux s’étaient créés des ennemis parmi les opérateurs économiques dont les factures avec des montants importants sont encore en souffrance. Par contre des accusations faisaient état de règlements à la tête du client.

Abdrahamane Dicko

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