Dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du secteur de la sécurité, le centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité, Genève (DCAF) a organisé un atelier d’information et de sensibilisation à l’intention  des membres du réseau des médias pour la réforme du secteur de la santé (RSS) au Mali. C’était le  mardi  3 mars 2020 à la Maison du partenariat Angers-Bamako.

Une trentaine de journalistes ont pris part à cette rencontre pour la prise en compte du genre dans la gouvernance du secteur de la sécurité et le rôle des hommes de médias.

Le genre se rapporte aux différences entre les hommes et les femmes, garçons et filles sur le plan social et culturel qui leur donnent des valeurs, des opportunités et des chances inégales dans la vie. Il est important d’être conscient de la différence car les conceptions de genre façonnent les différents rôles, opportunités, responsabilités, et les contraintes pour les femmes, les hommes, les filles et les garçons. Mais aussi par ce que les conceptions nous touchent tous.

« L’objectif de cet atelier était de parler de genre et sécurité en particulier sur le rôle des médias dans la couverture des questions de sécurité touchant les femmes », confie Ornella Moderan, directrice de programme au sein au conseil Danois des refugiés au Mali. « Les médias jouent un rôle crucial dans le partage d’information et pour cela, il est important qu’ils contribuent à porter  haut la voix des femmes autant que celle des hommes. Afin que celle-ci soit prise en compte dans les discussions de sécurité », a-t-elle jouté.

Pour la directrice Ornella, il  est important de comprendre que les stéréotypes existent et reflètent pas nécessairement la réalité, mais sont pourtant  fortement ancrés dans nos esprits et influencent nos perceptions et nos attentes. A ses dires, les stéréotypes liés au genre limitent le champ des possibilités auxquelles une personne peut accéder quelles que soient ses capacités, les idées comme « les femmes sont émotives et indécises », offre un motif pour tenir les femmes à l’écart des postes de directions, y compris celles qui font preuve d’esprit de décision. « Et c’est le principal problème auquel s’attaque le programme de leadership féminin aujourd’hui, l’absence quasi-totale des femmes autour de la table lorsqu’il s’agit de parler des questions de sécurité. Les femmes sont souvent représentées que symboliquement. Et pourtant  une étude datant de 2019, démontre que 97 % des femmes sont victimes de VBG et seulement 3 % des hommes sont victimes », a-t-elle souligné.

Et d’ajouter que « la sécurité est multidimensionnelle et elle a un visage d’humain, vécue différemment par chacun. Elle a une composante sociale, politique, économique, sanitaire… La sécurité et le développement sont interdépendant. Pour plus de sécurité, il faudrait reconnaitre que la sécurité est l’affaire de tous. Le genre est donc un facteur majeur à prendre en compte pour déterminer les formes d’insécurités auxquelles une personne est susceptible d’être confrontée ». 

A l’issue de la rencontre, les participants ont donné leurs avis sur cette rencontre qui, pour eux est salutaire et leur a permis de comprendre et de faire le lien entre la sécurité et le genre.

Selon Fousseni Sanogo  participant : « Cette rencontre a été bénéfique, j’ai compris qu’il faut tenir compte du genre en matière de la sécurité. Tenir compte du genre, c’est-à-dire chaque personne a ses besoins spécifiques qu’il faut prendre en compte pour assurer sa sécurité. On utilise différente  manière quand il s’agit de sécuriser un homme et une femme ».

Oumou Fofana

Hamady Sow (stagiaire)

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