Le front social est en ébullition depuis un certain temps, suite à la grève des enseignants. En effet, une série de grèves a été déclenchée par 8 syndicats de l’éducation (Sypesco, Syneb, Synefct, Synesec, Syldef, Fenarec, Coses et Snec) signataires du 15 octobre 2016 qui observent depuis bientôt 60 jours, une cessation concertée de travail, toutes choses qui impactent sur l’effectivité du service public de l’éducation.

Cette grève paralyse profondément l’accès au service public de l’éducation sus évoqués, et hypothèque durablement les efforts louables consentis par les plus hautes autorités afin que les enfants du Mali puissent accéder à l’éducation dans des conditions satisfaisantes.

Les efforts consentis par le gouvernement aux enseignants sont d’un montant de 24 057 571 436 F CFA sur la période de 2018 à 2021. En outre, l’Etat veille à la soutenabilité objective des dépenses et d’éviter la surenchère des revendications syndicales, qui pourrait à long terme compromettre durablement l’équilibre financier de l’Etat. 

Suite à l’observation de cette grève, le gouvernement doit procéder à la retenue des salaires des enseignants grévistes.

En effet, la retenue de salaire trouve sa base légale dans l’article 17 de la loi relative au droit de grève qui précise en ces termes : « Par la suite d’une cessation concertée du travail, l’absence de service donne lieu à une retenue du traitement ou de salaire et de ses compléments autres les suppléments pour charges de famille« . Les retenues sont opérées en fonction des durées d’absence constatées. 

L’exercice du droit de grève est assorti d’une contrepartie financière, sous forme de perte du droit à rémunération. Cette rétention pécuniaire est donc le pendant légal de la grève, car ce n’est que l’expression d’une saine application de la loi. 

La retenue sur salaire est opérée proportionnellement au nombre de jours de grève observés. Ceci est d’autant plus logique et rationnel que le salaire est la contrepartie de la prestation ou du travail accompli. Ce lien corrélatif justifie la retenue suivant le principe de la proportionnalité. 

Ainsi, la grève donne le droit à l’administration, service employeur, à ne pas payer les salaires proportionnellement à la durée de la cessation du travail. 

Il est donc tout à fait légitime que le gouvernement procède à la retenue de salaire et traitement telle que prévue par la loi relative au droit de grève. 

Les parents d’élèves, la société civile doivent être très exigeants par rapport à la retenue des salaires des grévistes, car le contraire imposera aux contribuables la double peine. Car non seulement leurs enfants sont privés d’écoles, mais aussi leurs impôts seraient utilisés à payer les enseignants qui auront opté pour la cession de travail.

Fatoumata Kané

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