Education à la citoyenneté, mise en place d’un système de ristourne pour les agents verbalisateurs ou mettre fin à l’âge de l’imprimerie. Les avis sont nombreux pour en finir avec les tracasseries routières au Mali.  Sous la vague de la campagne main propre, lancée depuis plusieurs semaines par le ministère de la Justice et Garde des sceaux et appuyée par le président IBK,  quelques citoyens se prononcent sur l’introduction du payement des infractions au code de la route sur place aux agents de la Compagnie de la circulation contre un reçu.

 Ayouba Touré (président du regroupement des jeunes pour les droits humains et la bonne gouvernance) :

« La mesure ne contribuera qu’en partie à réduire la corruption dans la circulation. Certes, certains trouveront des moyens pour contourner cette mesure, mais en réalité l’objectif primordial à mon avis, ce n’est pas l’argent qui rentre au trésor public c’est d’abord la préservation de la vie humaine et de la quiétude dans la libre circulation des personnes et de leurs biens. Il faut continuer la sensibilisation surtout auprès des agents en charge de la circulation routière afin d’espérer sur une application correcte de ladite mesure.  Si on y arrive, le taux des accidents de la circulation sera réduit considérablement ».

Diakaridia Mariko (usager de la route:

« J’ai eu à payer il y a quelques jours, dans la circulation, une infraction que j’avais commise. 

J’étais même fière de pouvoir régler cette contravention directement à la police contre une quittance qui m’assurait que ce que je payais partait effectivement au trésor. J’encourage les citoyens à aller dans ce sens-là. Pour, non seulement réduire la corruption dans ce pays, mais aussi remplir son devoir de citoyen. Je suis d’avis que le montant des contraventions doit être le plus élevé que possible afin de dissuader les gens à commettre les infractions. Le meilleur comportement est d’éviter au mieux les infractions ».  

Maïga Aminata Traoré (présidente de l’Association malienne pour la protection des personnes atteintes d’albinisme) :

« Je félicite l’initiative et le ministère de la Justice, Garde des sceaux pour ce grand pas.  Mais, si nous n’éduquons pas à la citoyenneté,  notre pays n’avancera pas.  Même si tu es un cadre, un chef d’un département, si ton enfant commet une infraction, montre-lui son erreur. S’il n’a pas les moyens de payer les amendes, paie à sa place pour montrer le bon exemple. C’est ce qui n’est pas fait à l’heure actuelle chez nous.  Le plus souvent, les proches ou les enfants de ces gens qui sont chargés de maintenir l’ordre dans la circulation ne sont pas inquiétés en cas d’infraction. Ils savent qu’une simple intervention suffira pour régler l’affaire. Il faut une sensibilisation, une implication des autorités pour une application correcte de la mesure ». 

Pr. Clément Dembélé (Plateforme de lutte contre la corruption) :

« Le principe de la citoyenneté repose sur le respect du code de la circulation. La mesure permettra aux Maliens de retrouver la confiance avec les agents de la police parce que nous savons qu’ils sont vus aujourd’hui comme étant l’un des corps les plus corrompus. Si demain je fais des infractions et qu’on peut me donner une amende et que je dois m’acquitter de cette sanction. Ça soulage de voir que l’argent va dans les caisses de l’Etat. Le but c’est de ne même pas commettre les infractions, mais de dire attention désormais vous allez payer plus cher que ce que vous donnez à côté.

Pour l’effectivité de la mesure, il faut deux choses. La première est d’abord d’intéresser les policiers dans la contravention. Ce, à travers la mise en place d’un système de ristourne. Ceci va encourager les agents parce qu’ils donnent des amendes et en contrepartie ils n’ont rien, finalement, ils vont préférer continuer dans l’ancien système de corruption. Sur les amendes, je propose qu’on prélève par exemple 20 % qui seront versés à l’agent verbalisateur. Le système existe dans d’autres corporations.

En plus de cela, il faut aller vers la digitalisation. Il y a la corruption au Mali c’est parce que nous sommes encore à l’âge de l’imprimerie. La digitalisation va réduire les petits arrangements, non seulement l’Etat va gagner et il y aura aussi la transparence totale ». 

Moussa Keita (secrétaire administratif de l’Union nationale des chauffeurs et transporteurs de Taxi du Mali) :

« Je salue l’initiative du ministère de la justice.  Notre secteur est un domaine informel. Il y a beaucoup d’illettrés. On aurait voulu être associé au processus afin d’informer nos membres avant l’application de la mesure. Nous avons été écartés de notre droit le plus absolu. Nous n’avons même pas reçu le document. Cette situation nous a un peu déçus, mais nous ne sommes pas contre l’instauration de ses  quittances à souche dans la circulation. Pour l’application effective de la mesure, nous sommes prêts à aider le ministère de la Justice en sensibilisant nos membres ».

Recueillis par

Kadiatou Mouyi Doumbia

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