Pour une histoire de connexion avec des terroristes libérés dans des conditions opaques par la précédente Cour d’assises de Bamako, Me Hassane Barry est détenu depuis le vendredi 22 novembre 2019 par la Direction générale de la sécurité d’Etat (DGSE). L’épée de Damoclès plane sur la tête de certains magistrats.

La fin de la dernière session de la Cour d’assises, la semaine dernière, a été marquée par la libération des terroristes de renom en détention à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Le parquet de la Cour d’appel sidéré par cet événement aussi inattendu qu’embarrassante, a refusé de délivrer l’ordonnance de mise en liberté de ces djihadistes. Ces derniers ont été logiquement reconduits en prison.

La Sécurité d’Etat aux aguets s’est aussitôt mise sur l’affaire. Les terroristes libérés se sont mis à table pour dire les conditions de leur mise en liberté. Deux entremetteurs qui ne sont autres que Ousmane Hama Diallo allias « 22«  et Harouna Diallo. Ceux-ci seraient connus comme étant des soutiens du groupe terroriste Ançaroul Islam en leur qualité de logisticiens. Ils ont été à leur tour appréhendés au grand marché de Bamako où ils étaient en train de faire des achats de matériels audiovisuels et informatiques. Les deux quidams à leur tour, ont dénoncé Me Hassane Barry comme étant celui qui a joué le « facilitateur«  pour obtenir leur relaxe. Toujours, selon les entremetteurs, qui ont été appréhendés avec sur eux de fortes sommes, « d’importants moyens financiers ont été mis en jeu auprès de ceux qui étaient chargés de dire le droit« .

Selon nos sources, il nous revient que des magistrats qui ont trempé dans de ce délit sont menacés de poursuites judiciaires et même de radiation si leur culpabilité est étayée. De toutes les façons, les enquêtes se poursuivent.

Malgré le cri d’orfraie et de dénonciation du Barreau malien qui, dans une correspondance contre ce qu’il qualifie de « séquestration«  par la direction générale de la Sécurité d’Etat (DGSE) de leur confrère Me Hassane Barry, « contre la violation de procédure en la matière« , d’autres voix au niveau de la justice malienne s’élèvent pour soutenir la procédure et qualifier l’agissement du Barreau de « corporatisme« . Le Barreau aidé en cela par d’autres organismes internationaux, se base sur l’article 6 portant règlement de l’Uémoa sur la profession d’avocat dans notre espace géographique.

La sécurité nationale a en effet utilisé dans le passé Me. Hassan Barry pour entrer en contact avec Kouffa, obtenir la libération de certains officiers enlevés, et même obtenir des trêves. « Mais, il n’y a jamais eu des négociations au-delà et cela n’a rien à voir avec l’affaire en cours », affirme une source. En effet, dans une vidéo qui circule et dans laquelle on voit Me Hassan Barry, Malamine Konaré, un officier de l’armée en compagnie de Kouffa, le commentaire qui l’accompagne semble faire croire en un lâchage de Me Barry. « Il n’en est rien et cela n’est pas lié », affirme notre source.

Arguments contre arguments, ces voix défendent le fait que la Sécurité d’Etat n’a pas besoin, en de tels cas, de passer par le procureur général près la Cour d’appel, ni par le président de la Chambre d’accusation ou même consulter préalablement le Bâtonnier de l’Ordre des avocats. Les mêmes sources judiciaires soutiennent que tant que la sécurité intérieure ou extérieure du pays est en jeu, la Direction générale de la Sécurité d’Etat peut opérer en tout temps et en tout lieu, sans autre forme de procès.

Abdrahamane Dicko

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