Cent vint sept migrants maliens en détresse en Libye sont rentrés au pays dans la nuit de mardi 17 à mercredi 18 juillet 2018 dans le cadre d’un projet humanitaire coorganisé par le ministère des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine et l’OIM. A leur arrivée, certains ont raconté « l’enfer libyen ».

« C’était l’enfer en Libye. Je ne conseillerais même pas à mes ennemis de s’y rendre », témoigne Alassane, racontant sa péripétie.

Des femmes, dont deux enceintes, deux enfants accompagnés de leurs parents et des hommes, avec une moyenne d’âge de 22 ans, dont 85 libérés de prison, sont arrivés à l’aéroport international Président Modibo Kéita Senou à bord d’un avion spécial affrété par l’Organisation internationale pour la migration (OIM) dans la nuit du mardi 17 juillet. Revenus de leur rêve d’arriver en Europe, plusieurs d’entre eux ont raconté leurs conditions en Libye.

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 « Les Libyens n’ont aucune considération pour les Noirs. Ils nous traitent comme des animaux. Depuis mon arrivée sur le sol libyen, j’ai vécu l’enfer. J’ai failli y laisser ma vie », poursuit le jeune homme de 20 ans.

Souriant et heureux d’être sain et sauf au pays, Sidy Sall, un jeune Bamakois de 25 ans, raconte lui aussi comment sa mésaventure à débuter il y a environs treize mois. « J’ai quitté le Mali il y a treize mois dans l’espoir de rejoindre l’Europe afin de fuir le calvaire. J’ai été vendu par un compatriote malien, mon convoyeur, lorsque je suis arrivé en Libye après avoir traversé le Mali et le Niger. J’ai fait deux mois en détention dans la prison des bandits de Sabah. On me frappait chaque matin. J’avais droit à un peu d’eau et un peu de nourriture, juste pour vivre », dit-il. Et d’ajouter, des larmes aux yeux : « On me torturait pour soutirer de l’argent à mes proches. Sous leur fureur, ils appelaient mes parents pour leur demander des rançons. Ils ont payé plus de 600 000 pour me sauver ».

Sidy Sall, père de deux enfants, 25 ans et rescapé de « l’enfer libyen ».

« Après j’ai eu la chance de rencontrer des Soudanais qui m’ont mis en contact avec d’autres Maliens. J’ai ensuite rejoint Tripoli où j’ai bénéficié du soutien des autorités maliennes pour regagner le Mali ».

Chauffeur de son état, Sidy veut aujourd’hui rester au Mali. Mais, pour ce faire, il sollicite l’appui et l’accompagnement des autorités afin d’avoir un travail décent à défaut, il compte se reconvertir dans le commerce. « J’ai une famille qui compte sur moi. Une femme, deux enfants et des parents qui tous les yeux rivés sur moi. Je dois faire quelque chose dans l’immédiat », dit-il.

D’autres jeunes, ayant vécu la même souffrance comme Sidy, lancent un appel aux autorités : « Il faut de l’espoir pour les jeunes au Mali. Nous partons parce qu’on espère que l’Europe est bien ».

Venu les accueillir à la Maison des Maliens de l’extérieur, le représentant du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Moussa Aliou Koné, a assuré les « revenus » du soutien et de l’accompagnement du gouvernement malien. Il était accompagné des représentants des services de la protection civile, de la solidarité et du développement social.

A la Maison des Maliens de l’extérieur, les migrants sont pris en charge et seront répertoriés avant d’être accompagnés chez eux. Ils bénéficieront d’un accompagnement afin de faciliter leur réinsertion socio-économique.

Sory I. Konaté

30minutes.net

18 juillet 2018

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