Depuis un certain temps, le président Nigérien hausse le ton sur le statut de Kidal. On ignore jusqu’à présent la portée de cette déclaration officielle nigérienne. Le pire est que l’on reste sans réponse de la part du gouvernement malien.

RFI annonce :« Selon des informations recueillies par RFI, des personnalités de Kidal, dans le nord du Mali, seraient impliquées directement ou indirectement dans plusieurs attaques perpétrées au Niger. C’est ce qui expliquerait les récentes critiques du président nigérien Mahamadou Issoufou sur le statut de Kidal. » Et la radio de poursuivre : « L’armée nigérienne a perdu plusieurs dizaines de ses hommes sur les 800 kilomètres de frontière entre le Mali et le Niger. Les véhicules et les armes emportés et vendus au Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA) lors des attaques de Midal, Tongo Tongo et tout récemment contre la garnison d’Inates sont l’illustration parfaite, selon Niamey, de ces complicités». 

L’accusation est grave, assez pour déclencher des querelles entre les deux pays, soit deux États amis et voisins, cibles d’invasion terroristes depuis des années.

Il est vrai que les missiles Hellfire et les drones RQ US stationnés depuis trois ans au Niger demandent à être testés quelque part, et quelle contrée offre un meilleur cadre que Kidal et le Nord malien ? Une escalade Mali-Niger dopera par ailleurs les ventes d’armes et de munitions en échange de l’or, du pétrole, de l’uranium des Maliens et des Nigériens. RFI poursuit : « Les noms de personnalités du HCUA sont cités dans un document officiel nigérien consulté par RFI. »

Toujours, selon Niamey et RFI, l’officier du HCUA Alhousseini Ag Ahmedou, alias Goumey, a participé à l’attaque de mai dernier près de Tongo Tongo, où 27 soldats nigériens ont été tués. Le matériel pris à l’armée nigérienne a été réceptionné dans la vallée d’Inadar par Achafghi Ag Bohada, chef d’état-major du HCUA. 

Ce qui va suivre est assez clair : le président nigérien exigera l’extradition des personnalités de Kidal sur la base d’accusations non authentifiées. IBK cédera ou ne cédera pas, mais dans les deux cas une escalade nigéro-malienne se profile à l’horizon, la Cedeao doit intervenir avant qu’il ne soit trop tard, le médecin après la mort.

Issiaka Guindo

(Étudiant en Master 2 Investissement international et développement territorial à la faculté de Droit Cadi Ayyad de Marrakech, au Maroc)

Pour 30minutes.net

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