A l’occasion du 1er juillet, Journée mondiale de la musique reggae, nous avons tendu notre micro à Mariam Traoré, connue sous son nom d’artiste, Sista Mam. Mariée et mère de quatre enfants dont deux filles et deux garçons. Chanteuse, auteure, compositrice, interprète ; elle fait tout, ou presque. Mais sa spécialité est le reggae qu’elle combine souvent avec la musique traditionnelle manding, le jazz ou encore le blues. Diplômée en droit publique international, elle travaille à l’Assemblée nationale comme chef de section production et audiovisuelle. Interview.

30minutes.net : Qu’est-ce que le reggae ?

Mariam Traoré : Le reggae est une musique spéciale et engagée. Il défend les opprimés, leurs droits et fait la promotion de l’égalité, la paix et la justice dans le monde. Le reggae est originaire d’Afrique. Il a été déporté par les esclaves particulièrement sénégalais et congolais qui sont allés à babillonne à travers les tambours rastas. Petit à petit, avec la lutte des maronnes, les esclaves évadés des plantations qui ont décidé de ne plus servir l’homme blanc, sont partis créer des groupes de musique avec la rencontre du jazz, le rythme du blues et le forclore jamaïcain, le reggae a été vu le jour. C’est un arbre avec plusieurs branches, mais qui provient d’une seule source.

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30minutes.net : Comment se passe la célébration de la Journée mondiale du reggae au Mali ?

M. T : La Journée n’a pas vraiment été célébrée au Mali. J’étais étonnée de n’avoir reçu aucun message pendant toute la journée du 1er juillet. Vers 19h, j’ai fait une publication sur mon compte Facebook pour dire que c’est la journée mondiale du reggae, pas de message et rien. Alors là, les messages ont commencé à pleuvoir beaucoup se sont excusés parce qu’ils ne le savaient pas. Donc au Mali, on ne sait pas que le 1er Juillet est la Journée mondiale du reggae. Pourtant, les gens ont l’habitude de célébrer plus le 11 Mai, date de décès de « Bob Marley ». En tant que reggae woman et rasta, je dis que le 11 Mai n’est pas à célébrer parce que le rasta célèbre la vie plutôt, donc le 6 février qui est la naissance de « Bob Marley ». Pour nous, la mort n’est pas une date de célébration mais une commémoration.

30minutes.net : Quelle est l’importance du reggae dans la société ?

M.T : Le reggae joue un très grand rôle dans la société parce que les reggae mans sont les gardiens de nos valeurs culturelles.  Le reggae est la voix des sans voix. On ne peut pas mesurer légèrement l’importance du reggae dans la société. En effet, le reggae défends les droits en même temps il appelle la jeunesse à une conscientisation et une prise de conscience. Le reggae est là pour jouer ce rôle-là : l’éveil de conscience, la défense des droits les plus élémentaires de la vie, etc.

30minutes.net : Qu’elle effet ça fait d’être une femme reggae au Mali ?

M. T : Au début, ce n’était pas facile parce que le reggae ne faisait pas partie de notre culture. Beaucoup de gens nous voyaient bizarrement. Mais aujourd’hui, Dieu merci il y a beaucoup qui veulent me ressembler et donc ça veut dire qu’on a bien travaillé. Maintenant on s’adapte bien on m’accepte comme je suis. Il y a beaucoup de Sista et de Queens maintenant comme sur internet. Cela veut dire qu’on a accepté notre culture rastafarienne et cela me réjouit.

30minutes.net : Quelles sont vos ambitions pour le développement du reggae au Mali ?

M.T : Déjà, j’ai un gros projet pour ça. Il y a mon festival, initié il y a bientôt 15 ans. Un festival du reggae pour rendre hommage à Marley à l’occasion de sa naissance. C’est durant la célébration de son 60e anniversaire à Addis Abeba que j’ai pensé au projet. Il y avait eu une grande fête organisée par l’Union africaine, le gouvernement d’Ethiopie et la fondation « Bob Marley » en Jamaïque. C’est suite à cette célébration que les rastas du monde entier ont décidé d’en faire une date, un rendez-vous annuel du reggae de leur pays et ici moi j’ai pris l’initiative avec les frères rastas au Mali d’organiser un festival. A chaque édition, il y a de nouvelles innovations et chaque fois la soirée est clôturée par un grand concert ou on invite les artistes reggaes de l’extérieur qui viennent s’ajouter à ceux du Mali pour offrir un beau spectacle aux maliens.

Oumou Macalou Koita

30minutes.net

Stagiaire

04 juillet 2019

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