L’actuel chef du gouvernement, Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) est un talentueux homme politique, qui a su marquer l’année 2018 en protégeant bien le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita et en engageant de grands chantiers politiques en dépit de  l’organisation difficile de la présidentielle de juillet et août passés. En dehors des deux anges dont Dieu nous a pourvus chacun, un troisième, incarné par un humain, peut surgir à n’importe quel moment dans notre vie. C’est le cas de SBM pour IBK.

Tout au long de l’année qui s’achève, le Premier ministre, bien en phase avec le locataire du palais de Koulouba, est resté au four et au moulin au sein de l’appareil exécutif en tenant tête à l’opposition et en maintenant à distance IBK de ses adversaires politiques. Il savait, au départ, qu’il était l’artisan principal de la réélection du président Ibrahim Boubacar Kéita, raison pour laquelle il s’est montré présent partout dans l’animation politique de la majorité présidentielle.

En fait, SBM avait bien préparé sa venue à la tête du gouvernement. Non seulement il a su bien diriger son équipe en assurant sa cohésion ; mieux, il a apporté sa marque à l’organisation parfaite du scrutin présidentiel même s’il savait au départ que les choses n’étaient pas faciles pour lui et son gouvernement.

Une élection à la tenue de laquelle beaucoup de leaders politiques ne croyaient pas tant il y avait des défis à relever comme : l’insécurité persistante dans les parties septentrionale et centrale du Mali, l’absence de l’administration publique sur une bonne partie du territoire national, la confection et la distribution en un temps record des cartes d’électeurs biométriques, l’élaboration d’un fichier électoral audité par les experts nationaux et étrangers surtout ceux de la Francophonie, la relecture de la loi électorale, la mobilisation des électeurs pour la participation au scrutin, l’acheminement du matériel électoral dans les différents bureaux de vote, etc.

Les paramètres du défi étaient tellement, nombreux que l’opposition et certains observateurs avaient laissé entendre que le gouvernement SBM n’était pas être capable d’organiser une élection présidentielle dans les délais constitutionnels et dans la transparence totale.

Le Premier ministre n’a pas tergiversé un seul instant, en soutenant dans toutes ses déclarations que la présidentielle 2018 aura bien lieu suivant les échéances fixées par son gouvernement. Il a tenu parole en organisant un scrutin présidentiel acceptable par tous les observateurs nationaux et internationaux. Seule l’opposition parle encore de fraude massive sans apporter la moindre preuve à l’attention de la Cour constitutionnelle, de la Cour suprême et de la communauté internationale.

Pour l’heure, cette communauté internationale retient que le Mali a bien organisé une élection présidentielle juste et transparente en dépit de la crise sécuritaire au nord et au centre du pays. Et, c’est Soumeylou Boubèye Maïga qui en est le principal instigateur.

Après la présidentielle, SBM n’a pas donné du temps à l’opposition de continuer à contester les résultats du scrutin présidentiel, puisqu’il a eu la bonne idée de réchauffer la loi sur le découpage administratif. Ici, il a réussi la prouesse d’attirer l’attention de tous les acteurs politiques sur ce découpage, qui remonte pourtant de l’époque ATT, c’est-à-dire début 2012. Il a même organisé des concertations régionales sur un avant-projet de loi de répartition des cercles dans les nouvelles régions pour permettre aux uns et aux autres de donner leur point de vue sur la gouvernance administrative du pays.

Une conférence sociale pour calmer les partenaires sociaux

Comme si le découpage administratif du pays ne suffisait pas pour occuper les esprits, le Premier ministre a lancé l’idée d’une conférence sociale pour désamorcer la bombe sociale brandit par les syndicats des différentes corporations. Cette conférence sociale est prévue pour janvier 2019. Elle pourra donner l’occasion à toutes les forces vives du pays de contribuer à l’amélioration des conditions vie des travailleurs du Mali.

A travers cette grande rencontre, Soumeylou et son gouvernement tenteront de désamorcer la bombe sociale en faisant des propositions concrètes aux représentants des travailleurs pour consolider les bases du dialogue social au Mali. Il s’agira aussi, pour les autorités, d’empêcher la répétition des grèves intempestives dans les différentes corporations du pays et d’instaurer un climat d’entente et de compréhension entre le pouvoir exécutif et le front social incarné par les syndicats.

Des échéances électorales ramenées à 2019

Le Premier ministre, qui n’avait pas obtenu le report des législatives auprès de la Cour constitutionnelle a pu se contenter de la perche tendue par l’Assemblée nationale, qui a su placer des arguments valables pour amener les sages de la Cour constitutionnelle à autoriser enfin le report des législatives, des régionales, des locales et des communales partielles en 2019. Raison pour laquelle le mandat des députés a été prorogé de six mois, c’est-à-dire du 31 décembre 2018 au 30 juin 2019. Il y aura aussi la tenue du référendum constitutionnel durant le premier semestre de 2019.

En tous les cas, Soumeylou Boubèye Maïga ne manquera pas de temps pour organiser des élections législatives, régionales et locales en tenant compte de la loi sur le découpage administratif.

Moctar Touré

Le Focus du 17 décembre 2018

 

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