Le milliardaire burkinabé, PDG du groupe Planor Afrique, propriétaire de Telecel Mali et président du Patronat de son pays, Apollinaire Compaoré, ne dort plus depuis qu’il a été confondu par un journal d’investigation de son pays, d’alimenter les groupes terroristes avec l’argent issu de la contrebande d’une marque de cigarettes dont il a le monopole de vente. Malgré sa dénégation, ces accusations lui collent à la peau

Deux articles croisés, publiés distinctement courant mars par le journal burkinabé L’Evènement et l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (un réseau international de journalistes et de centres d’investigation), mettent Apollinaire Compaoré au centre d’une collusion avec les groupes armés terroristes, par des financements illicites.

L’enquête menée par L’Evènement du Faso, a été publiée à la mi-mars 2021. Selon le journal d’investigation, « les milliards de cigarettes qu’Apollinaire Compaoré acheminent à travers le Burkina Faso, financent les groupes armés et alimentent un conflit en ébullition qui tue des centaines de personnes chaque année». Le journal dans ses investigations, ajoute, que celui qui est considéré comme l’un des plus fortunés de son pays, a gagné des « millions grâce à la contrebande de cigarettes, Philip Morris, à travers l’Afrique de l’Ouest ».

L’Organized Crime and Corruption Reporting Project de son côté fait savoir que, « le marché burkinabé est volontairement surapprovisionné par l’industrie du tabac. Les 2/3 sont en réalité destinés à la contrebande qui servira à alimenter les groupes terroristes ».

L’Homme d’affaires burkinabé élu en 2018 président du patronat du Faso, est très connu et rayonne dans plusieurs domaines d’activité où il évolue depuis 1968. Il est dans les télécommunications (acquisition de la 3e licence de téléphonie au Mali en 2012, avec la société Atel-SA, connue sous le nom de Telecel Mali), assurances et banques. Toutes ces structures sous la responsabilité du groupe Planor Afrique. Le chiffre d’affaire de ce groupe était estimé en 2019, à 268 millions d’euros avec 2000 employés.

L’investigation de L’Evènement confortée par celle de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project, met en cause la Société burkinabé d’exportation (Soburex), détentrice d’un entrepôt de cigarettes à Markoye, à la frontière entre le Mali et le Niger, appartenant à M. Compaoré.

Le PDG du groupe Planor Afrique, très agité par ces accusations cumulées a opposé un démenti lors d’un point de presse dans son pays le mardi 23 mars. Il les a qualifié « d’allégations mensongères et malveillantes et qu’elles sont aussi graves qu’infondées et inacceptables». Selon lui, « ses sociétés n’ont jamais exercé et n’exerceront jamais des activités de contrebande, de même qu’elles n’ont jamais travaillé et ne travailleront jamais, directement ou indirectement, avec des groupes armés ou terroristes et n’ont jamais financé une activité illicite ».

Il reste à savoir entre ces accusations et le démenti, lequel prendre pour argent comptant. Il revient aux autorités burkinabé et même à la communauté internationale, tous engagés dans la lutte contre le terroriste et les financements illicites dans le Sahel, de diligenter une enquête indépendante pour mettre à nue la vérité.

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont depuis plus de 9 ans, dans la lutte contre les terroristes et sont victimes d’attaques ciblées et récurrentes contre les populations civiles.

Abdrahamane Dicko

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