Les remarques misogynes s’entremêlent avec des commentaires passive-agressives au quotidien sans que l’on établisse un lien entre elles et les violences économiques, psychologiques et physiques au Mali. 

Du stéréotype au préjudice, il n’y a qu’un adage 

Une analyse dialectique est une observation du résonnement et de la validité de la logique des arguments lorsque des personnes ou des groupes discutent. Il existe de multiple stéréotypes et préjugés que l’on peut déconstruire à travers une analyse dialectique mais je me contenterais de vous inviter à produire une base sur les violences entre partenaires. Rare sont ceux qui n’ont pas déjà entendu le stéréotype de la femme insoumise qui mériterait une « correction » de son mari pour des actes qui vont à l’encontre des désirs de ce dernier. Ce stéréotype produit un préjugé contre les femmes qui osent donner leur avis ou prendre des initiatives car elles sont souvent perçues comme des femmes agressives ou autoritaire.

Quant aux femmes qui sont dépendante financièrement, elles font face à un double préjudice lorsqu’elles souffrent de violences aux mains de leur conjoint car au-delà du Mougnou ni Sabali traditionnelle dont toutes les femmes doivent faire preuve, il y’a cette particulière soumission que la femme dépendante de son conjoint se doit de respecter dans une société capitaliste. Ce préjudice est silencieux mais encré dans nos modes de fonctionnement. Ce silence tue et murmure tout bas l’inimaginable : si elle travaillait il n’aurait pas droit de vie ou de mort sur elle. En allant plus loin, ces idées préconçues peuvent être observées à travers les commentaires ciblés lors des cérémonies « A bolo ba koh soro wa ?» Cette dépendance financière excuse-t-elle les violences commises par le perpétrateur à l’encontre de sa victime ? Ces stéréotypes et préjugés sont pervasives et produisent une culture dans laquelle lorsqu’une femme qui est dépendante économiquement de son conjoint se fait battre, cette dernière peine à obtenir de l’assistance car son sort est normalisé et presque accepté : « C’est évident qu’une femme qui dépend de son mari ne quittera pas son foyer. Elle n’a nulle part où aller et la famille l’a convaincra de rester » partagea Aicha Diallo une jeune cinéaste qui produit un film court métrage appelé Mussoya.  

Qu’est-ce que cela implique ?

Certaines victimes de violences exercées par leurs partenaires intimes au Mali sont ignorées, acceptées ou tolérées en raison de leur statut ou de leur propre cécité a la gravité de leur sort car elles intériorisent ce qui se dit par les autres d’elles. Il devient difficile de construire un modèle inclusif à l’autonomisation des femmes si et la société continue de blâmer les survivantes pour des violences qui enfreignent leur développement personnel et si elles acceptent cette narrative.        

L’éradication de la violence exercée par les partenaires intimes au Mali devrait commencer par l’éradication des stéréotypes et des préjugés qui favorisent la hiérarchisation des personnes en ignorant les inégalités existant dans notre société. 

Que pouvons-nous faire ?

Pour cela, nous avons besoin d’avoir plus de conversations courageuses. Ecoutons pour être changer et non pour répondre. Multiplions les dialogues ouverts et continus dans les écoles sur les formes de violences entre les partenaires. Déconstruisons nos idées préconçus sur les rapports de pouvoir entre partenaires. Mais surtout demandons nous pourquoi est il si facile pour nous blâmer les victimes de violences exercées par leur partenaires intimes sur la base de leur situation socio-économique. Qu’est ce que cela révèle de notre conscience collective ? 

Coulina

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