L’hôtel de l’Amitié de Bamako a servi de cadre pour l’atelier de renforcement des capacités de 15 journalistes des médias mainstream pour la production des contenus liés au genre. L’atelier a été organisé par la fondation Tuwindi et l’institut Panos Afrique de l’ouest pour une durée de trois jours, du 10 au 12 septembre 2019.

La situation des droits humains au Mali s’est gravement détériorée en 2018. Des groupes armés ayant considérablement intensifié leurs attaques visant les populations civiles, l’armée ayant commis des atrocités lors d’opérations de lutte contre le terrorisme et les violences intercommunautaires ayant fait des centaines de mort et provoqué une crise humanitaire.

Les femmes sont les premières victimes dans cette situation, car leurs droits sont en permanence menacés. Mais on entend très peu ou pas du tout les voix des femmes dans les débats publics sur les processus de négociations de la paix, ou encore sur leurs contributions à la vie sociale.

En effet, au Mali, les femmes ne sont pas toujours associées aux discutions sur le processus de rétablissement de la paix et de la démocratie.

D’après Ramata Dia, l’un des formateurs de l’atelier, les voix des femmes sont aussi peu audibles dans les médias. Et l’espace médiatique consacré aux programmes sur les femmes et leurs droits est très limité. « Dans les radios ou les TV, les quelques programmes sur les femmes traitent des sujets le plus souvent relatifs à la nutrition, l’allaitement, l’accès à la santé, la vaccination etc. », a témoigné Ramata Dia. Par ailleurs, elle a aussi rappelé que les médias, le plus souvent ne respectent pas assez les principes d’indépendance, de professionnalisme et de prise en compte du genre.

C’est dans l’idée d’appuyer les médias pour la production des contenus professionnels et sensibles au genre que cet atelier fut organisé. L’objectif est de renforcer les capacités thématiques et techniques des journalistes sélectionnés sur le journalisme sensible au genre, les violences faites aux femmes, la participation politique des femmes, et les fondamentaux, techniques de réalisations du reportage, investigation/enquête.

Les résultats attendus pour cette formation sont que : les journalistes formés ont une meilleure connaissance des questions relatives aux violences faites aux femmes au Mali, et l’impact de l’extrémisme violent sur les droits des femmes, et à l’engagement des femmes dans la sphère politique. Ces journalistes sont en mesure de mieux documenter les situations de violences liées à l’extrémisme violent, et le rôle de femmes dans le processus électoral au Mali ; les journalistes sont formés sur le journalisme sensible au genre et sont en mesure de produire de bons reportages, enquêtes etc. suivant les principes éthiques et déontologiques sur les femmes, et avec une sensibilité genre ; ils seront aussi capables de formuler soigneusement des sujets pour leurs enquêtes et reportages et élaborer un plan de production.

Zeïnabou Fofana

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