Les entreprises nationales et autres soumissionnaires aux marchés publics battaient de l’aile à cause des dettes faramineuses que l’Etat leur doit. Mais ce serait bientôt le bout du tunnel pour bon nombre d’entre elles. Le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Dr. Boubou Cissé, a pris la décision d’éponger la dette intérieure. Une enveloppe de 103 milliards de F CFA est prévue à cet effet, pour un départ.

La bonne nouvelle en direction des opérateurs économiques est dans le tuyau depuis quelques semaines. Le Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, a désormais compris le cri de cœur du secteur privé national. Le trésor public vient de voter au titre de ses dépenses, la bagatelle de 103 milliards de F CFA pour aider à éponger une partie des nombreuses créances des fournisseurs de l’Etat. Une dette dont la globalité est estimée à environ 200 milliards de F CFA.

L’apurement dont le processus est enclenché depuis des jours se fera de façon progressive en fonction des montants des factures en souffrance. Plus le niveau de la facture est élevé, plus l’enveloppe prévue à cet effet sera assez conséquente. Mais ce qu’on ignore pour le moment demeure la gestion des cas de pénalités dues aux retards de paiement. Car, dans certains contrats de fourniture, les clauses font état de pénalités infligées au partenaire (l’Etat) en cas de défaillance entraînant le non-respect du délai de paiement. Certaines clauses peuvent aller jusqu’à 7 à 10 % du montant total du contrat de fourniture.

En tout état de cause, l’Etat vient d’enlever une grosse épine des pieds des opérateurs économiques nationaux. La question de la dette intérieure était devenue la quadrature du cercle pour l’Etat et le secteur économique. A cause de la crise sécuritaire ayant entraîné des dépenses supplémentaires au niveau des fonds publics et la réorientation des partenaires financiers vers d’autres créneaux d’intervention prioritaires, les gouvernants avaient d’énormes difficultés à honorer leurs engagements vis-à-vis de ses fournisseurs.

Le secteur économique mourrait à petit feu. Plusieurs entreprises avaient déjà mis la clé sous la porte. Celles qui tenaient ne parvenaient plus à satisfaire les marchés publics faute de fonds cumulé à la peur de ne pas être payées de sitôt.

A chacune de leurs rencontres officielles, la faîtière des opérateurs économiques et des chefs d’entreprises privées ne manquaient point de rappeler leurs conditions de vie critiques aux décideurs de la République. Ceux-ci se montraient sensibles à la question tout en signifiant à leurs interlocuteurs la situation critique du pays. Le moins que l’on puisse dire, mieux vaut tard que jamais. Pourvu que le deal aboutisse à terme.

Abdrahamane Dicko

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