« Sur les plus de 1 300 cantines scolaires financées par l’Etat, il n’y a que 115 qui sont fonctionnelles ». Le Groupe de suivi budgétaire (GSB) dans le rapport provisoire de sa mission de vérification sur l’accroissement du nombre de cantines scolaires et de l’accès et de maintien des filles à l’école, partagé en début de semaine, a découvert des manquements dans la gestion du budget alloué aux deux indicateurs courant l’année académique 2018 – 2019. Une situation qu’elle juge « très critique ».

La mission de vérification de l’atteinte de la cible des indicateurs du programme d’appui budgétaire SBC III (State building contract) menée par Groupe de suivi budgétaire, a porté sur 1301 écoles présentées par les autorités comme ayant une cantine financée par l’Etat. Le deuxième aspect a concerné la scolarisation des filles dans 419 écoles communautaires, medersas, publiques et privées sur 15 CAPs.

La présente mission visait à fournir à la délégation de l’Union européenne, un rapport indépendant de vérification de l’atteinte de la cible des indicateurs, afin d’accroitre le taux de couverture nationale en cantines scolaires de 10 % et celui de l’accès des filles au second cycle de l’enseignement fondamental de 43,8 % à 46 % pour l’année académique 2018-2019.

Il n’y a que 115 cantines scolaires qui sont fonctionnelles sur les 1301 (soit un taux de 8,83 %) par rapport au total de la liste fournie par le Centre national des cantines scolaires (CNCS), indiquent le rapport provisoire. Avant de rappeler que ces « 115 cantines fonctionnelles existaient bien avant l’année académique 2018 – 2019″.

Pourtant en 2019, le budget de l’Etat avait prévu 3 961 267 000 F CFA, explique le document provisoire. « La Direction générale du budget et le CNCS ont entamé en février 2019 des travaux pour revoir la répartition des crédits sur la base de la liste de 1301 cantines proposée par le CNCS et réservé une dotation budgétaire pour le suivi des cantines scolaires ». Selon ce programme, 90,39 % des crédits seront dédiés à l’alimentation des élèves et 9,61 % pour le suivi des cantines scolaires. « Ceci a impliqué un travail d’ajustement initié par la Direction générale du budget, consistant à répartir les crédits disponibles, non engagés, de chaque région, entre les écoles indiquées par le CNCS, au prorata des effectifs pris en charge par région », remarque le document. Et poursuit, «selon les informations reçues au niveau du CNCS, le montant destiné au suivi des cantines scolaires a été réparti comme suit : 247 911 773 FCFA, soit 65,10 % pour le CNCS : 132 915 700 F CFA, soit 34,90 % pour les 19 directions d’académie d’enseignement ».

La mission de vérification menée entre juin et juillet 2019 sur l’ensemble des régions du Mali a aussi décelé d’autres anomies dans la gestion des cantines scolaires.

« Aucune création n’a été faite. Zéro cantine n’a été créé au titre de l’année académique 2018-2019″, pointent les résultats de terrain du GSB.

Pourtant pour la même année académique, il était prévu la création de 118 cantines scolaires. Un nombre qui allait s’ajouter aux 1183 cantines existantes de l’année académique 2017-2018.

Baisse générale

Dans le rapport provisoire, la mission de vérification du GSB a relevé une baisse générale du taux de scolarisation des filles en 7e année. Ce constat est perçu dans le document dans toutes les régions du Mali excepté Kidal. Cette dernière, par contre enregistre un changement positif de 13,64 %.

Au niveau du financement de scolarisation des filles, 174 567 000 F CFA étaient prévus dans le budget 2019 pour la mise en œuvre de la politique nationale de la Scofi.

Le montant, intégralement exécuté au niveau déconcentré par les directions d’académie d’enseignement, mais sur le terrain, « les enquêteurs ont pu constater qu’aucune des écoles visitées n’a reçu de financement » « Où sont donc partis ces montants ? » se questionne le GSB dans son rapport provisoire

Au regard de ces insuffisances constatées dans la gestion des cantines et la scolarisation des filles, « il est impératif d’établir un mécanisme de suivi des fonds alloués et transférés pour les deux indicateurs », recommande le GSB. Ce mécanisme selon lui, sera établi entre les acteurs intervenant dans la gestion et peut se faire à travers un rapportage annuel des CGS vers les collectivités territoriales et des collectivités territoriales vers la direction générale du budget.

Kadiatou Mouyi Doumbia

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