Covid-19 et inégalités au Mali : qu’est-ce qui a été accentué dans les structures de santé ? L’organisation, Journalisme pour les droits humains JDH engage le débat.

Dans le contexte de crise sanitaire et socio-économique, les besoins sont croissants ainsi que les inégalités en termes de disponibilité et d’accès aux services notamment pour les femmes et enfants qui constituent traditionnellement des couches les plus vulnérables au Mali.

Au Mali, 13 070 cas de Covid-19 ont été enregistrés à la date du 18 avril 2021 avec 433 décès et 7432 guéris. Cette situation épidémiologique et son impact sur la vie des populations ; les services sociaux de base notamment les structures de santé, continuent d’évoluer.

C’est dans ce cadre que JDH, Mali-Tribune et Affaires Mondiales Médias ont co-organisé un webinaire autour du thème « Covid-19 et inégalités au Mali : qu’est ce qui a été accentué dans les structures de santé ? », animé par Dr. Abdoulaye Guindo, directeur adjoint de la direction nationale de la santé, Mme Mariam Tandina, coordinatrice pays pour l’Alliance des jeunes, Alexis Kalambry, modérateur. Ce webinaire s’est fait sur le web TV Energie et Relai TV sur facebook également. 

Au cours des discussions interactives, qui pour mieux se faire comprendre et entendre ont été faites en langue locale Bamakan et en français, les échanges tournaient sur les inégalités à l’endroit des femmes et filles, des indigents, des personnes handicapées.  Egalement l’accès aux soins dans les centres de santé.

Du constat de Dr. Guindo, les revenus dans les ménages jouent sur leur accès dans les centres de santé. 

Mariam Tandina, de son côté pense que l’accès des femmes, des jeunes filles et des enfants est compliqué et depuis que la Covid-19 a commencé, cela s’est empiré car les revenus sont limités pour beaucoup de gens maintenant.

« Pour pallier ce problème, les mesures ont été prises par la direction nationale de la santé. Nous avons créé des sites accessibles et bien fournis en information afin de permettre aux enfants d’avoir des réponses à toutes les questions qu’ils peuvent ou voudront poser », a ajouté Dr. Guindo.

Depuis l’avènement de la Covid-19, les prises en charge dans les hôpitaux étaient compliquées. De ce fait, les jeunes souffrant d’autres problèmes ne savaient plus à qui s’adresser parce que les agents de santé se faisaient presque rares dans les centres de santé.

« Les jeunes ont toujours eu ce problème par rapport aux questions de reproductions. Dans nos sociétés malheureusement, les jeunes ont peur de tomber sur des tontons ou tantes dans les centres de santé à cause des représailles», a souligné Mariam Tandina. 

Selon le Rapport mensuel de l’enquête sur l’impact du Coronavirus sur les conditions de vie des ménages au Mali réalisée en février 2021 par l’Institut national des statistiques du Mali (Instat), « au niveau national, l’impact de la pandémie de coronavirus sur les revenus et l’activité des ménages reste important : 44,1 % des ménages ont été touchés par une baisse de revenus liée à la Covid-19 contre 43,8 % en janvier ».

Selon le même rapport, “54,2 % des ménages ont eu besoin à des soins médicaux au niveau national au cours des 30 derniers jours”. En effet, 2.9 % ont eu besoin des services de planification familiale ; 16.7 % aux services de santé maternelle (grossesse, accouchements) ; 17 % aux services de santé des enfants autres que Covid-19 ; 17.5 % aux services de santé des adultes autres que Covid-19 ; 25.5 % aux services de vaccination ; 35.2 % à la pharmacie. 

Coronavirus a certes fait et continue de faire des ravages mais force est de reconnaître que la Covid-19 étant devenue le centre d’attention de tous, les malades sont victimes de la cherté des prises en charge et surtout délaissés si c’est d’autres pathologies, en plus de l’aspect revenu qui est réduit.

Aminata Agaly Yattara

Mali Tribune du 4 Mai 2021

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