Instaurée sur décret du président de la Transition, la Médaille du Mérite Sportif a été remise, samedi dernier, à 25 grands serviteurs du Sport malien. Selon de nombreux observateurs, l’ancien ministre des Sports sous IBK, Housseini Amion Guindo dit « Poulo » est le grand absent de cette liste de médaillés du mérite sportif. En effet, durant son passage au département des Sports, du 11 avril 2014 au 31 décembre 2017 (soit 3 ans, 8 mois et 20 jours), il aura incontestablement donné un souffle nouveau aux sports maliens.

Désigné ‘’Meilleur Promoteur Africain des Sports’’, en 2017, par une organisation panafricaine (la Fondation 225, qui regroupe des Organisations de la Société civile de douze pays africains), Housseini Amion Guindo a tiré le sport malien vers le haut. Les performances réalisées par les différentes équipes et athlètes maliens sur le plan international sous sa conduite en disent long.

Pour rappel, les Aiglonnets du Mali, double Champions d’Afrique Cadets (2015 et 2017) ont été sacrés Vice Champions du monde, en 2015. Le Basketball malien a aussi connu des heures glorieuses avec le règne sans partage des sélections nationales filles U16 (Championnes d’Afrique 2013, 2015 et 2017) alors que l’Equipe nationale U18 a remporté l’Afrobasket Filles, en 2016, au Caire, en Egypte. Les U16 Garçons ont aussi permis au Mali de remporter son premier titre continental en s’adjugeant le trophée de l’Afro-basket masculin, Iles Maurice 2017.

Des médailles et bourses d’études obtenues

Ce n’est pas tout. En athlétisme, Djénébou Danté a décroché la médaille d’or des 400 mètres Dames aux 8emes Jeux de la Francophonie, à Abidjan, Côte d’Ivoire,  en juillet 2017. S’y ajoutent de nombreuses médailles glanées par les arts martiaux et les bourses d’études négociées et obtenues auprès de pays comme le Venezuela et l’Algérie.  

Il faut aussi rappeler qu’avant de devenir ministre des Sports, Housseini Amion Guindo a aussi dirigé le Stade Malien de Sikasso (un club de football créé en 1963), en 2004. La même année, le club a accédé à la première Division, pour la première fois de son histoire. Une prouesse qui le conduira à la Fédération Nationale de Football où il a occupé le poste de Vice-président, de 2007 à 2009.

Au regard de son engagement en faveur du sport Malien et des résultats obtenus sous sa conduite, Housseini Amion Guindo devait être l’un des privilégiés de cette Médaille du Mérite Sportif. A moins que d’autres considérations, surtout politiques, l’aient privé de cette distinction…         

Me Jean Claude Sidibé et autres

A l’instar de Housseini Amion Guindo, d’autres figures emblématiques du mouvement sportif national méritaient de figurer sur cette première cohorte de médaillés du mérite sportif. On peut citer, entre autres, Me Jean Claude Sidibé dit « Monsieur trophée » (ancien ministre des Sports et président de la Fédération Malienne de Basketball), Arouna Modibo Touré (ancien ministre de la Jeunesse et des Sports ayant contribué à la résolution de la crise de la FEMAFOOT), Mme Daou Fatoumata Guindo surnommée « la chirurgienne du football malien » (ancienne présidente du CONOR FEMAFOOT), Mamadou N’Diaye dit « Madoufing » (président de l’écurie Chelsea et véritable mécène pour le développement des Sports équestres), Mamadou Samaké dit « Sam Djèma » (ancien président du Stade Malien de Bamako, vainqueur de la Coupe CAF en 2009).

Il est tout aussi surprenant de relever l’omission faite des frères Drabo, qui ont consacré plus de quarante ans à hisser le quotidien national « L’ESSOR » au rang de journal crédible, à la lecture agréable. Aux antipodes du quotidien d’Etat, tout juste bon à servir d’emballage aux produits à emporter à la maison. L’Agence Malienne de Presse et de Publicité leur doit aussi l’existence de l’hebdomadaire sportif et culturel « PODIUM », devenu au fil des années une référence du reportage et de l’analyse sportifs, que s’arrachaient les observateurs du Sport malien. L’hebdomadaire a aussi ajouté à ses traditionnelles missions celle de ‘’Sponsor’’ des meilleurs footballeurs de l’année, auxquels il a distribué des récompenses récoltées auprès de véritables mécènes du football maliens, dont feu Mamadou Makadji, alors PDG de UNEGOCE, et la BDM-SA. Enfin, grâce à l’ingéniosité des deux frères, les annales de la CAN 2002 du Mali auront été bien documentées, à travers « NTOLA », le journal consacré à la couverture de cette grande compétition africaine. L’actuel ministre des Sports, qui a certainement validé cette liste des 25, était sans doute très jeune à cette époque glorieuse du journalisme sportif mais ceci ne saurait excuser cette omission criarde de la part d’un responsable dont le leitmotiv est la conquête des sommets africains et mondiaux par le Sport malien. Des analyses pertinentes de la presse sportive peuvent aussi y contribuer. A condition de ne pas se tromper de presse… en se laissant abuser par des activistes toujours prompts à se mettre en avant pour capter toute la lumière pour eux-mêmes.

Les omis seront peut-être les récipiendaires d’une deuxième cohorte plus relevée…  

Source: L’Indépendant

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