Mercredi 19 juin, au tribunal administratif de Bamako, Almoustapha Maïga était en procès contre le président directeur général de l’Office du Niger. Rétrogradé à plusieurs reprises puis muté, il accusait le PDG de la société d’« abus de pouvoir ». Sa requête a été acceptée par le tribunal qui a annulé la décision du PDG.

Almoustapha Maïga fait partie d’un groupe de salariés de l’Office du Niger qui ont pris l’initiative de créer un nouveau syndicat autonome. Cette décision est intervenue après le refus de l’ancien bureau syndical d’organiser l’assemblée générale de renouvellement du bureau, malgré la fin de son mandat.

Malgré ses 13 ans de service, Almoustapha Maïga, à cause de cette position syndicale, s’est attiré la colère du PDG de l’Office. En moins d’une année, il est rétrogradé, passant de « chef service communication » à « chef division formation », puis à « simple agent ». D’autres salariés du même syndicat subissent les mêmes sanctions, alors perçues comme une vengeance de la direction par les salariés concernés.

Almoustapha Maïga à la barre au Tribunal administratif, le 19 juin 2019.

Mercredi, seul à la barre, Almoustapha Maïga a réclamé justice au tribunal administratif de Bamako. Ni la partie adversaire, ni le conseiller juridique, encore moins le service juridique de l’Office du Niger, n’est venu.

M. Maïga a profité de cette audience pour soulever un problème de violation de la Constitution visant l’actuel ministre de l’Intégration africaine, Me Baber Gano qui jouit toujours des avantages de conseil auprès de l’Office du Niger. Or, la Constitution malienne interdit les ministres de profiter d’activités lucratives.

Vingt quatre heures après l’audience, le tribunal administratif, statuant publiquement et en matière contradictoire a délibéré:  » On reçoit la requête en la forme et au fond et annule la décision du PDG ». Almoustapha Maïga sera donc mis dans ses droits.

Thibault Petit

30minutes.net

20 juin 2019

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