Originaire de San, Sébou Touré est un jeune tailleur qui, grâce à son amour pour le métier et son talent, vend des habits à l’international. Il nourrit l’ambition de conquérir le monde entier.

« La couture et moi, c’est une histoire d’amour et d’engagement« , explique le jeune tailleur de 35 ans. Venu dans le domaine grâce à sa mère adoptive, Sébou est aujourd’hui un véritable maitre couturier, un as qui s’impose petit à petit à l’international.

« Quand j’étais petit, il y avait une vielle dame dans notre cour qui était tailleur. J’avais à peine 13 ans lorsqu’elle m’a demandé de coudre. Elle m’a pratiquement tout appris. Comment tenir des ciseaux, comment se tenir devant une machine à coudre, la coupe, etc. Elle m’a vraiment tout appris« , se souvient M. Touré. Le déclic n’arrivera qu’après le décès de son maître. Pour honorer la mémoire de celle-ci, Sebou arrête l’école et s’engage à devenir un grand tailleur. Il arpente les chemins des ateliers de la capitale. A la recherche d’expérience, il devient apprenti un peu partout jusqu’à l’ouverture de son propre atelier. Depuis 15 ans, il développe son propre atelier et sa coupe est très prisée au Mali et à l’international. « Je vends en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Burkina Faso, au Togo, au Benin, etc. Je me déplace souvent. Dans d’autres cas, j’envoie les habits cousus« , explique-t-il, fièrement.

Il ne travaille plus seul. Il développe son entreprise avec ses frères et sœurs. Aujourd’hui, Sébou emploie 8 personnes. Il coud les modèles simples, la broderie, le plissé, les modèles pour hommes, femmes et enfants, etc. Grace à ce métier, il parvient à subvenir largement aux besoins de sa famille. «  J’ai deux femmes et quelques enfants. Je vis heureux grâce à mon atelier« , dit-il.

« J’ai beaucoup de commandes, surtout à l’approche des fêtes. Les clients arrivent très souvent en retard. Cela se comprend aussi, c’est dû aux problèmes d’argent généralement« , indique-t-il. Le plus compliqué, selon M. Touré, c’est l’attitude des parents proches qui attendent généralement le jour « J » pour venir avec leurs habits. « Si jamais tu refuses de prendre certaines commandes en ce moment, compte tenu des liens sociaux, tu es indexé« , regrette-t-il, invitant tous ses clients à venir rapidement afin de leur faciliter le travail. Parfois, il arrive que Sébou et ses collègues veillent pendant une dizaine de jours pour satisfaire les clients de dernières minutes.

Sira Diarra

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