Une seule femme contre 23 hommes autorisés à briguer la magistrature suprême de notre pays : c’est la décision prise le 4 juillet 2018 de la Cour constitutionnelle, qui arrêtait la liste des candidats à la présidentielle du 29 juillet.

Pourtant, ce fait anodin s’avère le premier « couac » du scrutin annoncé, dans la mesure où la loi n°2015-052 du 18 décembre 2015, instituant des mesures pour promouvoir la parité (30 % pour les femmes) dans l’accès aux fonctions nominatives et électives est allègrement violée. De ce point de vue, l’arrêt de la Cour est attaquable pour violation de la loi.

Les autorités n’auront donc poussé à la roue l’adoption de cette loi que pour amuser la galerie ou pour faire plaisir aux PTF ? Elles pouvaient en tout cas mettre le paquet pour que Rakia Alphady épouse Ganfoud, la 2e femme à faire acte de candidature cette année, passât le filtre des « Neuf sages » en compagnie Mme Djénéba Ndiaye. Hélas ! Ici, 30 % de 24 candidats ne donne pas forcément 7,2 candidates, mais une seule.

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Comment ne pas s’en offusquer davantage quand on sait aussi que les femmes représentent 51 % de la population malienne, c’est-à-dire 9 515 094 de personnes sur 18 876 001 d’habitants, selon les projections démographiques de RP Médias à la fin de l’année 2017 ?

Or, dès qu’on parlait d’alternance au pouvoir, de changement, je rêvais d’une Malienne capable de bouleverser la hiérarchie établie depuis l’indépendance, avec l’aide de toutes les Maliennes sans exclusive pour donner une nouvelle impulsion à notre peuple, meurtri par plus de 50 ans de pouvoir des hommes.

Oui, il y a besoin de tendresse et d’amour des Maliens au pouvoir. Mais, apparemment, une femme à Koulouba relève encore du rêve. Evidemment, l’équité du genre en politique est beaucoup sur les lèvres, pas assez dans les cœurs.

En attendant que la majorité écrasée ne brise le joug pour prendre en main son destin et par ricochet celui de la nation, nous nous intéressons à femmes et politique. Considérées comme déterminantes dans les élections, elles sont encore pour la plupart instrumentalisées pour assouvir les ambitions d’hommes politiques. Bétail électoral, applaudisseuses, mobilisatrices, elles sont au four et au moulin, mais au finish n’obtiennent que la portion congrue.

Nos commentaires, interviewes, portraits et reportages pour vous situer de nouveau sur ce phénomène de société.

Abdoul M. Thiam

Le Focus du Lundi du 09 juillet 2018 

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